Trois questions reviennent sans cesse à propos de l'examen civique : où le passer, quand le passer, et combien il coûte. Les deux premières ont une réponse claire dans les textes. La troisième n'en a pas, et c'est en soi l'information la plus utile de cette page.
Une remarque avant tout le reste : vérifie d'abord que tu es concerné. Le renouvellement d'un titre n'est pas soumis à l'épreuve, et plusieurs situations en dispensent. Une partie des personnes qui s'inscrivent et paient n'y étaient pas tenues — la page sur les dispenses détaille chaque cas avec son article de code.
1. L'ordre des opérations : l'examen vient avant la demande
C'est le point sur lequel un dossier se fait recaler pour rien.
La Direction générale des étrangers en France l'écrit sans ambiguïté : l'examen civique doit être passé avant le dépôt de la demande de titre de séjour, parce que l'attestation de réussite est exigée au moment du dépôt de la demande de carte de séjour pluriannuelle ou de carte de résident1.
La séquence réelle est donc celle-ci :
- tu vérifies que tu es concerné ;
- tu t'inscris auprès d'un centre agréé et tu passes l'épreuve ;
- tu obtiens ton attestation de réussite ;
- ensuite seulement tu déposes ta demande de titre, attestation à l'appui.
Beaucoup de gens font l'inverse : ils obtiennent un rendez-vous, puis découvrent qu'il leur manque l'attestation. Or un rendez-vous en préfecture s'obtient rarement en quelques jours, et il ne se rattrape pas facilement.
Deux éléments desserrent heureusement cette contrainte. L'examen peut être passé à tout moment et autant de fois que nécessaire, et surtout l'attestation de réussite n'a pas de durée de validité1. Rien n'impose de la passer juste avant la demande : tu peux la passer en avance, dès que tu sais que tu en auras besoin. C'est la stratégie raisonnable.
2. Où s'inscrire : un centre agréé, jamais la préfecture
L'inscription ne se fait ni en préfecture, ni sur l'ANEF. Elle se fait auprès d'un centre agréé, dont l'organisation est fixée par l'arrêté du 20 août 2025 relatif à l'organisation de l'examen civique2.
Ces centres sont agréés par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France ou par France Éducation international, et ils sont répartis sur le territoire national. Le maillage est large — de l'ordre de quatre-vingts départements couverts —, mais il n'est pas uniforme : selon l'endroit où tu vis, le centre le plus proche peut être dans le département voisin.
La liste officielle des centres et les modalités d'inscription sont publiées au même endroit
que le programme, sur le site de la formation civique du ministère de l'Intérieur,
formation-civique.interieur.gouv.fr1. C'est la seule liste qui fasse foi. Un site tiers
qui propose de t'inscrire à ta place, ou qui te vend un « accès » à l'examen, ne fait pas
partie du dispositif.
L'épreuve elle-même se passe en français et sur support numérique : 40 questions à choix multiples, quatre propositions dont une seule correcte, 45 minutes, et 32 bonnes réponses exigées pour réussir, soit 80 %1.
3. Le prix : aucun tarif officiel n'existe
C'est la réponse qui déçoit, et c'est pourtant la bonne.
Aucun texte réglementaire ne fixe le prix de l'examen civique. Les droits d'inscription sont déterminés par chaque centre de passation. Il n'y a donc pas un prix, mais autant de prix que de centres, et il faut demander son tarif au centre avant de s'engager.
Les montants qui circulent — sur les forums, sur les réseaux, et repris tels quels par des sites qui prétendent informer — ne proviennent d'aucun arrêté. Nous ne les reprendrons pas : ce serait leur donner une autorité qu'ils n'ont pas, et t'exposer à une mauvaise surprise le jour où le centre annoncera autre chose.
Deux choses sont en revanche certaines :
- la préparation est gratuite sur le site officiel du ministère, qui publie le programme, les fiches par thématique et la liste des questions de connaissance1 ;
- chaque tentative est payante. Tu peux repasser l'épreuve autant de fois que nécessaire, mais chaque passage suppose une nouvelle inscription, et les droits sont dus à nouveau. C'est la seule vraie raison de préparer sérieusement le premier essai.
Le ministère met par ailleurs publiquement en garde contre les sites qui font payer l'accès aux questions ou aux tests. Notre examen blanc est gratuit, sans compte et sans limite de tentatives, et il le restera.
4. Quelle mention passer
L'examen existe en trois mentions, de difficulté croissante : « carte de séjour pluriannuelle », « carte de résident » et « naturalisation »3. Le programme et la répartition des questions sont les mêmes pour les trois — l'arrêté du 10 octobre 2025 fixe une ventilation unique, valable « pour toutes les mentions »4. Ce qui change, c'est la difficulté des questions et, pour la naturalisation, le niveau d'exigence.
Une règle pratique mérite d'être connue : une réussite en mention « carte de résident » vaut aussi pour la carte de séjour pluriannuelle ; l'inverse n'est pas vrai. Si tu hésites entre les deux titres, ou si tu envisages de demander une carte de résident plus tard, passer directement la mention supérieure évite d'avoir à repayer une seconde inscription.
Pour la mention naturalisation, la page dédiée détaille ce qui change : examen civique et naturalisation. Pour les deux mentions de séjour, voir examen civique et titre de séjour.
5. Handicap, état de santé : aménagements et dispenses
Si ton handicap ou ton état de santé le nécessite, tu peux bénéficier d'aménagements de l'épreuve, voire d'une dispense. La demande passe par un certificat médical, dont le modèle est mis en téléchargement par le ministère : le médecin y atteste que des aménagements sont nécessaires et lesquels, ou bien que ton état rend l'évaluation impossible1.
Deux arrêtés du 30 décembre 2025 fixent ces modèles, l'un pour les demandes de titre de séjour5, l'autre pour les demandes de naturalisation6. C'est une démarche à engager avant de réserver une session, pas le jour de l'épreuve.
6. Se préparer avant de payer
Puisque chaque tentative coûte, l'ordre rationnel est de se préparer d'abord et de s'inscrire ensuite.
Le programme est public et fixé : il n'y a pas de mauvaise surprise possible sur les thèmes abordés. Le site officiel publie le programme, les fiches de révision et la liste des questions de connaissance pour les niveaux carte de séjour pluriannuelle et carte de résident — mais pas les mises en situation, qui ne sont pas rendues accessibles1.
De notre côté, l'examen blanc reproduit les conditions réelles : 40 questions tirées selon la ventilation officielle, 45 minutes chronométrées, seuil à 32/40. Chaque réponse est corrigée immédiatement, avec son explication et sa source — contrairement à l'épreuve réelle, qui ne corrige qu'à la fin. Si tu échoues plusieurs fois à l'examen blanc, tu sais qu'il est trop tôt pour payer une inscription.
Et si l'épreuve réelle s'est mal passée, la page sur l'échec explique ce qui se passe ensuite.
7. Ce que l'inscription ne règle pas : le rendez-vous
Passer l'examen et obtenir l'attestation ne fait que rendre ton dossier déposable. Il reste l'étape qui bloque le plus de monde : obtenir un créneau en préfecture pour déposer la demande.
C'est souvent le vrai goulot d'étranglement, et il ne dépend ni de ta préparation ni de ton score. GuichetLibre surveille la page officielle de réservation de ta préfecture et t'alerte par SMS dès qu'une date se libère ; tu réserves toi-même, sur le site officiel. Tu peux choisir ta préfecture ici, et voir aussi les silos titre de séjour et naturalisation.
Cette page est fournie à titre informatif et ne remplace pas les informations officielles de service-public.gouv.fr, ni l'avis d'un avocat ou d'une association spécialisée pour ta situation personnelle.
Sources
-
L'examen civique pour demander un titre de séjour — Direction générale des étrangers en France (page consultée le 2 août 2026) ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7
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Arrêté du 20 août 2025 relatif à l'organisation de l'examen civique — Légifrance ↩
-
Titre de séjour : comment passer l'examen civique ? — Service-public.gouv.fr ↩
-
Arrêté du 10 octobre 2025 fixant les modalités de l'examen civique — Légifrance ↩
-
Arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux dispenses et aménagements pour les demandes de titre de séjour — Légifrance ↩
-
Arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux dispenses et aménagements pour les demandes de naturalisation — Légifrance ↩