Si tu prépares une demande de naturalisation, l'examen civique n'est pas une formalité de plus au milieu du dossier : c'est une pièce exigée au dépôt, avec le seuil de réussite le plus haut des trois mentions de l'épreuve. Autant savoir ce qui t'attend avant de payer une inscription.
Voici, texte par texte, qui est concerné, ce qui est demandé, et où l'attestation s'insère dans la procédure.
Qui est concerné : la voie par décret, et elle seule
L'examen civique s'applique aux demandes de naturalisation et de réintégration par décret déposées à compter du 1er janvier 2026. L'obligation vient du décret n° 2025-648 du 15 juillet 20251, qui a modifié le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : l'article 37-1, qui énumère les pièces du dossier, exige désormais l'attestation de réussite à son 10°2.
Les acquisitions de la nationalité par déclaration ne sont pas dans ce champ : ni le mariage avec une personne française, ni la qualité d'ascendant, de frère ou de sœur de Français. Notre page sur les dispenses de l'examen civique détaille ce partage, et signale au passage que la fiche officielle de la déclaration par mariage ne mentionne pas l'examen, alors qu'il est explicitement exigé par décret.
Côté naturalisation, une seule dispense existe : celle fondée sur un handicap ou un état de santé déficient chronique, sur certificat médical dont le modèle est fixé par un arrêté du 30 décembre 20253. Aucune dispense d'âge, aucune dispense par diplôme, aucune dispense liée au statut de réfugié.
32 bonnes réponses sur 40 : la mention la plus exigeante
L'examen se décline en trois mentions — « carte de séjour pluriannuelle », « carte de résident » et « naturalisation » — de difficulté croissante. Pour une demande de nationalité, c'est la mention naturalisation qu'il faut passer. Le seuil, lui, est le même pour les trois : 80 %, soit 32 bonnes réponses sur 404.
Le format, lui, ne change pas d'une mention à l'autre :
| Ce qui est fixé | La règle |
|---|---|
| Nombre de questions | 40 questions à choix multiples, dont 28 de connaissances et 12 de mise en situation |
| Durée | 45 minutes maximum, soit un peu plus d'une minute par question |
| Barème | Une seule bonne réponse par question. Une bonne réponse vaut 1 point, une mauvaise réponse comme une absence de réponse valent 0 |
| Seuil de réussite | 32 bonnes réponses sur 40, soit 80 % — identique pour les trois mentions |
| Langue et support | En français, sur support numérique |
Deux conséquences pratiques. D'abord, aucun point négatif : laisser une question blanche coûte exactement autant que se tromper, il n'y a donc jamais de raison de ne pas répondre. Ensuite, le seuil de 80 % ne laisse que huit erreurs sur quarante — c'est peu, et ça se joue rarement sur les questions que l'on croit.
Le programme est le même pour les trois mentions
C'est le contresens le plus répandu : il n'existe pas de « programme naturalisation ». L'arrêté du 10 octobre 2025 relatif au contenu de l'examen civique écrit « pour toutes les mentions » et fixe une seule ventilation des 40 questions5. Le référentiel de connaissances, en annexe du même arrêté, est unique lui aussi, et le seuil de réussite ne bouge pas davantage : 32 sur 40 dans les trois cas. Ce qui varie d'une mention à l'autre, c'est la seule difficulté des questions posées.
Voici comment les 40 questions se répartissent :
| Thématique | Questions |
|---|---|
| Principes et valeurs de la République | 11 |
| Droits et devoirs | 11 |
| Histoire, géographie et culture | 8 |
| Le système institutionnel et politique | 6 |
| Vivre dans la société française | 4 |
Deux détails que l'on ne devinerait pas en lisant un plan de révision générique. Les 12 mises en situation ne sont pas réparties librement : l'arrêté les affecte à deux thématiques seulement, six en « Principes et valeurs de la République » et six en « Droits et devoirs », et à aucune autre. Et le poids des thématiques est très inégal : ces deux mêmes thématiques pèsent à elles seules plus de la moitié de l'épreuve, quand tout le système institutionnel n'en pèse que six questions.
Autrement dit, réviser en priorité les institutions — le réflexe le plus courant — c'est travailler 15 % de l'épreuve.
Où l'examen se place dans un dossier de naturalisation
L'ordre des opérations a changé en 2026, et c'est le point qui coûte le plus de temps aux personnes qui l'ignorent.
- Passer l'examen civique et obtenir l'attestation de réussite, mention naturalisation.
- Justifier du niveau B2 à l'oral comme à l'écrit, par un test TCF ou TEF de moins de deux ans ou par un diplôme français attestant d'un niveau au moins équivalent6.
- Déposer la demande en ligne sur l'ANEF, avec l'attestation parmi les pièces2.
- Examen de recevabilité, puis délivrance du récépissé — c'est de là que court le délai d'instruction de 18 mois, ramené à 12 mois si tu résides habituellement en France depuis au moins dix ans7.
- Entretien individuel d'assimilation en préfecture, après le dépôt.
- Décision, et en cas d'avis favorable publication du décret au Journal officiel.
Le point à retenir de cette liste : l'examen se passe avant l'étape 3. Un dossier déposé sans attestation est incomplet, et tant qu'une pièce manque, le délai légal ne commence pas à courir. Une inscription à l'examen qui traîne, c'est un dépôt qui recule d'autant.
Bonne nouvelle en sens inverse : l'attestation n'a pas de durée de validité limitée8. Passée en avance, elle reste valable le jour où tu déposes, même des mois plus tard.
Ce que l'examen ne remplace pas
Ni l'entretien d'assimilation. Il a lieu après le dépôt, en préfecture, sur convocation avec la liste des originaux à apporter. C'est lui qui vérifie ton assimilation à la communauté française au sens de l'article 21-24 du code civil9 : ta maîtrise orale du français et ton adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République. Ce qui a disparu de l'entretien, c'est la vérification des connaissances sur l'histoire, la culture et la société françaises — précisément ce que l'examen civique évalue désormais en amont. Pour le reste, le rendez-vous est maintenu. Notre guide sur le déroulement de l'entretien de naturalisation décrit ce qui s'y passe.
Ni la condition de langue. Réussir un QCM écrit en français ne vaut pas justificatif de niveau B2 : ce sont deux exigences distinctes, avec deux justificatifs distincts6. Sont dispensées de la condition de langue les personnes dont l'état de santé ou le handicap rend l'évaluation impossible, ainsi que les réfugiés et apatrides de plus de 70 ans résidant en France depuis au moins 15 ans — cette dispense-là ne porte que sur la langue.
Ni le pouvoir d'appréciation de l'administration. La naturalisation par décret est accordée par décision de l'autorité publique : réussir l'examen et remplir toutes les conditions ouvre le droit à un examen de ta demande, pas à un résultat. Le détail des conditions, des délais et des recours est sur notre page naturalisation par décret, et tu peux vérifier en une minute où tu en es avec le simulateur d'éligibilité à la naturalisation.
Ce que ça coûte
Il n'existe aucun tarif réglementaire pour l'examen civique. Les droits d'inscription sont fixés par chaque centre agréé — par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France ou par France Éducation international — et les montants qui circulent sur les forums ne sont pas des tarifs officiels. Demande le prix au centre avant de réserver.
La préparation est gratuite sur le site du ministère de l'intérieur. Notre examen blanc de 40 questions corrigées l'est aussi, sans compte ni inscription.
Ces frais s'ajoutent au timbre fiscal de 255 € exigé au dépôt de la demande de naturalisation, ramené à 127,50 € en Guyane7, et au coût du test de langue et des traductions d'actes d'état civil.
Deux points que les textes cités ne tranchent pas
Nous préférons le dire plutôt que d'arbitrer à ta place.
L'équivalence entre mentions ne fonctionne que dans un sens documenté. Les textes prévoient qu'une attestation portant la mention « carte de résident » vaut aussi pour une demande de carte de séjour pluriannuelle, et que l'inverse n'est pas vrai. Rien, dans les textes que nous citons ici, ne règle le cas d'une attestation obtenue pour une mention de séjour et produite à l'appui d'une demande de naturalisation. Vu l'écart de difficulté annoncé entre les trois mentions, ne compte pas dessus sans confirmation écrite.
Les dossiers à cheval sur le 1er janvier 2026. Le décret naturalisation vise les demandes « déposées à compter » de cette date, ce qui est clair pour un dépôt franc de part et d'autre. Ce qui l'est moins, c'est le sort d'un dossier déposé avant et complété après, ou redéposé après un classement sans suite. Là encore, la seule réponse sur laquelle tu peux t'appuyer est un écrit du service instructeur.
Avant de payer une inscription, teste-toi
Le seuil de 80 % se travaille : huit erreurs autorisées, ça ne pardonne pas l'à-peu-près. Notre examen blanc gratuit tire 40 questions corrigées en respectant la ventilation officielle et le seuil de 32 sur 40, sans compte ni paiement. Si tu passes largement au-dessus de 32 sur plusieurs tirages, tu es prêt à réserver une session ; sinon, tu sais quelles thématiques reprendre.
Reste l'étape que l'attestation ne règle pas : le rendez-vous. Une fois ta demande recevable, la préfecture te convoque pour l'entretien, et dans les départements les plus sollicités les créneaux s'ouvrent par vagues et partent en quelques minutes.
12:41
Lundi 21 octobre
GuichetLibre
à l'instant
Un créneau d'entretien de naturalisation vient de se libérer à ta préfecture. Réserve-le vite.
GuichetLibre surveille la page officielle de réservation de ta préfecture et t'alerte par SMS dès qu'une date apparaît. Tu réserves toi-même, sur le site officiel : nous ne réservons jamais à ta place et ne déposons aucun dossier. Tu peux choisir ta préfecture ici, suivre l'avancée de ton dossier avec notre guide du suivi ANEF, ou vérifier les dates de parution des décrets de naturalisation au Journal officiel une fois la décision prise.
Cette page est fournie à titre informatif et ne remplace pas les informations officielles de service-public.gouv.fr, ni l'avis d'un avocat ou d'une association spécialisée pour ta situation personnelle.
Sources
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Décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 portant modification du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 — Légifrance ↩
-
Article 37-1 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 — Légifrance ↩ ↩2
-
Arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux dispenses et aménagements pour les demandes de naturalisation — Légifrance ↩
-
Naturalisation française : comment passer l'examen civique ? — Service-public.gouv.fr ↩
-
Arrêté du 10 octobre 2025 relatif au contenu de l'examen civique — Légifrance ↩
-
Nationalité française : comment justifier de son niveau en français ? — Service-public.gouv.fr ↩ ↩2
-
Naturalisation française par décret — Service-public.gouv.fr ↩ ↩2
-
Arrêté du 20 août 2025 relatif à l'organisation de l'examen civique — Légifrance ↩