Examen civique : qui en est dispensé en 2026

GuichetLibre · Mis à jour le 2 août 2026

La question la plus utile n'est pas de savoir comment réussir l'examen civique, mais de savoir si tu dois le passer. L'épreuve est payante, elle se prépare, et une partie des personnes qui s'y inscrivent n'y sont pas tenues.

Trois situations dispensent de l'épreuve, et une quatrième la rend sans objet parce que la demande n'entre pas dans son champ. Chacune est écrite dans un texte, que voici.

1. Le renouvellement d'un titre n'est pas concerné

C'est le cas le plus fréquent, et le plus clair. Trois articles convergent.

L'article L. 413-7 du CESEDA ne vise que la première délivrance de la carte de résident1. Le mot est dans le texte : ce qui est soumis à l'intégration républicaine, donc à l'examen, c'est la première délivrance, pas les suivantes.

L'article L. 433-4, qui régit la carte pluriannuelle, prévoit dans son dernier alinéa que l'étranger « bénéficie, à sa demande, du renouvellement de cette carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire »2. Aucune condition nouvelle ne s'ajoute au renouvellement. Enfin, l'article L. 433-2 pose qu'une carte de résident est renouvelable de plein droit.

Le ministère de l'Intérieur l'écrit sans ambiguïté : « Dans le cas d'un renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle ou de la carte de résident, l'examen civique n'est pas nécessaire »3. Et la fiche officielle du service public précise que seule la première demande de carte pluriannuelle est concernée4.

2. Plus de 65 ans : dispensé pour un titre, pas pour la naturalisation

L'asymétrie est réelle et vaut la peine d'être connue.

Pour un titre de séjour, la dispense est écrite deux fois. L'article R. 413-15 du CESEDA, pour la carte de résident : « Les étrangers âgés de plus de soixante-cinq ans ne sont pas soumis aux conditions relatives à la réussite à l'examen civique »5. Et l'article R. 433-5, pour la carte pluriannuelle, dans les mêmes termes, en y ajoutant la condition de langue6.

Ces deux articles sont issus du décret n° 2025-647 du 15 juillet 2025. Le détail a son importance : au niveau de la loi, l'article L. 413-7 ne dispense les plus de 65 ans que de la langue. La dispense d'examen ne vient donc que du décret.

Pour une demande de naturalisation, en revanche, aucune dispense d'âge n'existe. Le code civil prévoit bien, à son article 21-24-1, que la condition de connaissance du français ne s'applique pas aux réfugiés et apatrides résidant en France depuis quinze ans et âgés de plus de soixante-dix ans — mais cette disposition ne vise que la langue, et rien ne l'étend à l'examen civique.

3. Handicap ou état de santé : aménagement, ou dispense

Les articles R. 413-15 et R. 433-5 prévoient que les personnes présentant « un handicap ou un état de santé déficient chronique incompatible » avec l'épreuve peuvent bénéficier d'aménagements ou en être dispensées5.

La procédure passe par un certificat médical dont le modèle est fixé en annexe de deux arrêtés du 30 décembre 2025 : l'un pour les demandes de titre de séjour7, l'autre pour les demandes de naturalisation8. Le médecin conclut soit à la nécessité d'aménagements de l'épreuve, soit à l'impossibilité de procéder à l'évaluation — et dans ce second cas, c'est une dispense pure et simple.

Côté naturalisation, cette dispense est la seule qui existe. L'article 37-1 du décret n° 93-1362, qui liste les pièces du dossier, exige l'attestation de réussite au 10° et n'en dispense que les personnes dont le handicap ou l'état de santé rend l'évaluation impossible9.

4. Les demandes qui ne sont pas dans le champ

Ce n'est pas une dispense mais le résultat est le même : ces demandes ne déclenchent jamais l'examen.

Toutes les cartes pluriannuelles ne sont pas concernées. Seules le sont celles délivrées sur le fondement de l'article L. 433-4, c'est-à-dire la carte pluriannuelle « générale » demandée après une première année, sans changement de motif. Une carte pluriannuelle délivrée sur un fondement propre — passeport talent, étudiant — ne passe pas par cet article. L'article L. 433-5 exclut par ailleurs expressément les titulaires d'une carte travailleur temporaire, vie privée et familiale au titre des articles L. 425-1, L. 425-6 et L. 425-7, visiteur, jeune au pair et stagiaire.

Toutes les cartes de résident ne sont pas concernées non plus. L'article L. 413-7 énonce une liste fermée : conjoint de Français, parent d'enfant français, regroupement familial, et les cartes « résident de longue durée-UE » de plusieurs catégories, plus la carte de résident permanent1. Une carte qui n'y figure pas — au premier chef la carte de résident de dix ans délivrée au réfugié sur le fondement de l'article L. 424-1 — n'est pas visée.

Aucun autre titre n'est soumis à l'examen. Ni la carte de séjour temporaire d'un an, ni le visa long séjour valant titre de séjour.

Côté nationalité, seule la voie par décret est concernée. Les acquisitions par déclaration — mariage avec une personne française, ascendant, frère ou sœur de Français — n'y sont pas soumises10. Si ta demande relève de la déclaration par mariage, l'examen ne te concerne pas.

Ce qui ne dispense pas, contrairement à une idée répandue

Un diplôme français. Les articles R. 413-15 et R. 433-5 admettent des équivalences par diplôme pour la condition de langue uniquement. Pour l'examen civique, le seul justificatif prévu est l'attestation de réussite. Avoir été scolarisé trois ans dans un établissement secondaire français ou avoir suivi une année d'études supérieures en France dispense de signer un contrat d'intégration républicaine — pas de passer l'épreuve.

Avoir suivi et respecté son contrat d'intégration républicaine. C'est même l'inverse : l'article L. 413-3 dispose que « la formation civique mentionnée au 1° donne lieu à un examen »11. L'épreuve est l'aboutissement normal du parcours d'intégration, pas une formalité qui s'y substituerait.

Être réfugié, pour une demande de naturalisation. Aucun texte ne le prévoit.

En revanche, une attestation déjà obtenue reste valable : elle n'a pas de durée de validité limitée12, et l'attestation portant la mention « carte de résident » vaut aussi pour une demande de carte pluriannuelle13. L'inverse n'est pas vrai — les trois mentions n'ont pas le même niveau de difficulté.

Deux points sur lesquels les sources officielles se contredisent

Nous préférons le dire plutôt que de trancher à ta place.

Les bénéficiaires de la protection internationale. Le ministère de l'Intérieur écrit qu'ils « ne sont pas concernés par l'examen civique »3, sans nuance. Mais l'article L. 413-7 inclut dans son champ la carte « résident de longue durée-UE » délivrée aux réfugiés (article L. 424-5) et aux bénéficiaires de la protection subsidiaire (article L. 424-14)1, et la fiche du service public liste bien ces cartes parmi celles qui sont concernées4. La lecture la plus probable est que la dispense vaut pour le premier titre mais pas pour un passage ultérieur au statut de résident de longue durée — mais c'est une lecture, pas une certitude.

Les titres dispensés de contrat d'intégration républicaine. L'article L. 433-4 exclut expressément ces titulaires de la condition de langue, à son 3°. Rien d'équivalent n'existe au 2°, qui porte sur l'examen2. La fiche du service public affirme pourtant qu'on n'est pas concerné par l'examen si l'on détient un titre non soumis au contrat4. En pratique, la plupart de ces titres sont de toute façon hors champ, mais la lettre du texte ne dit pas ce que dit la fiche.

Le régime transitoire côté séjour. Le décret applicable à la naturalisation précise que l'examen ne vaut que pour les demandes déposées à compter du 1er janvier 2026. Le décret applicable au séjour ne contient aucune clause équivalente : il fixe seulement son entrée en vigueur au 1er janvier 2026.

Si tu n'es pas dispensé

L'examen se passe avant le dépôt du dossier : l'attestation est exigée au moment du dépôt, pas produite plus tard. Il se présente sous la forme d'un questionnaire à choix multiples de 40 questions, à traiter en 45 minutes, avec 32 bonnes réponses exigées. Le détail du format est sur notre page consacrée à l'examen civique, et tu peux te tester gratuitement sur notre examen blanc de 40 questions corrigées.

Reste ensuite l'étape que l'examen ne règle pas : obtenir un rendez-vous. Pour un titre de séjour comme pour une naturalisation, le créneau en préfecture est souvent le vrai goulot d'étranglement. GuichetLibre surveille la page officielle de ta préfecture et t'alerte par SMS dès qu'une date se libère — tu réserves toi-même, sur le site officiel. Tu peux choisir ta préfecture ici.


Cette page est fournie à titre informatif et ne remplace pas les informations officielles de service-public.gouv.fr, ni l'avis d'un avocat ou d'une association spécialisée pour ta situation personnelle.

Sources

  1. Article L413-7 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance 2 3

  2. Article L433-4 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance 2

  3. Examen civique pour une première demande de titre de séjour pluriannuel — Ministère de l'Intérieur 2

  4. Titre de séjour : comment passer l'examen civique ? — Service-public.gouv.fr 2 3

  5. Article R413-15 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance 2

  6. Article R433-5 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance

  7. Arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux dispenses et aménagements pour les demandes de titre de séjour — Légifrance

  8. Arrêté du 30 décembre 2025 relatif aux dispenses et aménagements pour les demandes de naturalisation — Légifrance

  9. Article 37-1 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 — Légifrance

  10. Naturalisation française : comment passer l'examen civique ? — Service-public.gouv.fr

  11. Article L413-3 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance

  12. Arrêté du 20 août 2025 relatif à l'organisation de l'examen civique — Légifrance

  13. Article R413-12-1 — Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile — Légifrance

Questions fréquentes

Faut-il passer l'examen civique pour renouveler son titre de séjour ?+

Non. L'article L. 413-7 du CESEDA ne soumet à l'examen que la première délivrance de la carte de résident, et l'article L. 433-4 prévoit que l'étranger bénéficie du renouvellement de sa carte pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions du titre dont il était précédemment titulaire. Le ministère de l'Intérieur le confirme : dans le cas d'un renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle ou de la carte de résident, l'examen civique n'est pas nécessaire.

Les plus de 65 ans sont-ils dispensés de l'examen civique ?+

Pour un titre de séjour, oui : les articles R. 413-15 et R. 433-5 du CESEDA disposent que les étrangers âgés de plus de 65 ans ne sont pas soumis aux conditions relatives à la réussite à l'examen civique. Pour une demande de naturalisation, non : aucun texte ne prévoit de dispense d'âge. Le code civil ne dispense les personnes âgées que de la condition de langue, à l'article 21-24-1, et à des conditions restrictives.

Peut-on être dispensé de l'examen civique pour raison de santé ?+

Oui, sur certificat médical. Les articles R. 413-15 et R. 433-5 du CESEDA prévoient que les personnes dont le handicap ou l'état de santé déficient chronique est incompatible avec l'épreuve bénéficient d'aménagements ou en sont dispensées. Deux arrêtés du 30 décembre 2025 fixent le modèle de certificat, l'un pour le séjour, l'autre pour la naturalisation. Le médecin conclut soit à des aménagements, soit à l'impossibilité de l'évaluation, ce qui vaut dispense.

L'examen civique est-il exigé pour une naturalisation par mariage ?+

Non. L'examen ne concerne que la naturalisation et la réintégration par décret. Les acquisitions de la nationalité par déclaration — mariage avec une personne française, ascendant, frère ou sœur de Français — n'y sont pas soumises.

Un diplôme français dispense-t-il de l'examen civique ?+

Non. Les articles R. 413-15 et R. 433-5 du CESEDA n'admettent d'équivalence par diplôme que pour la condition de langue française. Pour l'examen civique, le seul justificatif accepté est l'attestation de réussite. Avoir été scolarisé en France dispense de signer un contrat d'intégration républicaine, pas de passer l'épreuve.

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